mercredi 6 juin 2012

Ardem, le pape du porno trash

 J'ai découvert l'oeuvre pornographique d'Ardem, l'an dernier, à l'occasion de la réédition de deux de ses albums chez l'indispensable éditeur Dynamite. Une ouvre marquante mais aussi dérangeante, en tout cas qui ne laisse pas indifférente. Afin de mieux appréhender son travail, je me suis plongé dans la lecture d'une bonne partie de ses albums porno. Partant de récit porno plus classique dans le ton et la forme. Il évoluera par la suite vers un style nouveau, au scénario et à l'esthétique plus réaliste qui se radicalisera avec le temps. Même si au début, son style était plus exigeant et esthétique, c'est déjà assez explicite et l'idée de soumission est déjà là. Il n'aura de cesse d'explorer les jeux de la domination en étant toujours plus cru et expéditif. Ce qui est assez surprenant quand on sait qu'il mène en parallèle une carrière d'auteur bd beaucoup des plus classiques.
Au départ les histoires commencent souvent par une frustration ou une envie, qui pousse ses héroïnes à explorer leurs limites. C'est la rencontre avec un manipulateur, toujours un homme plus vieux, qui participe à la transgression initiale. S'en suit immanquablement une descente aux enfers. Les héroïnes se soumettant de façon plus ou moins consentante, à des expériences toujours plus hard. Les histoires se finissant par une apothéose porno crade des plus dégradantes, poussant les jeunes femmes à s'émanciper de leurs bourreaux, non sans une certaine satisfaction d'avoir étés éveillés à une vie sexuelle disons épanouie...
Même si on trouve de nombreux poncifs dans les bd d'Ardem, il faut bien constater qu'il s'éloigne de la représentation classique des BD porno. La plupart de ses albums datant des années 90, il est impossible de ne pas y voir un certain parallèle avec l'apparition du cinéma porno amateur au même moment. Il ne cherche plus à séduire avec un esthétisme stylisé comme à ses débuts, mais cherche au contraire une représentation réaliste, quitte à y intégrer une certaine laideur. Si ses héroïnes ont de gros seins, ce sont des seins lourds, tombants et pas des espèces de ballons défiant les lois de la pesanteur. Pareils pour les hommes qui sont souvent âgés, un peu gros, marqués par la vie et surtout jamais montés comme des bêtes. On lui concède une obsession sur les sexes épais mais pas de longueur excessive, toujours cette volonté réaliste. Les hommes jeunes sont souvent maladroits et inexpérimentés.
Un esthétisme et une représentation réalistes que l'on retrouve, chez un de ses contemporains, Bruce Morgan qui suit une démarche similaire. On retrouvera d'ailleurs leurs ouvrages dans les mêmes collections.
Ce qui est troublant dans les récits d'Ardem, c'est l’excès total et systématique de ses récits. Il sait porter l'excitation à un niveau troublant, voire écoeurant, dont on a presque honte. Quelque chose de sale mais qui ne manque pas de nous attirer.
Pourtant il n'y a rien de victorieux dans l'attitude du bourreau. Il n'est pas mis en valeur, souvent seul face à sa propre laideur. Sa victime s'émancipant au-delà de sa passivité, afin de trouver un nouvel équilibre, qui assume sans renier les expériences passées. On peut considérer voir ça comme des contes immoraux, nous poussant à nous interroger sur notre sexualité et nos fantasmes.

Je vous présenterais dans les prochains messages, une grande partie de ses albums.

Vous pouvez déjà (re)découvrir la note concernant vidéo privé : 

Et pour le plaisir des yeux, voilà une sélection de quelques albums d'Ardem.


 Secrets de famille
 Flo
 Dorothée
 La mauvaise éleve
Petite perverse

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